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Fetla et majboud : ce qui les sépare vraiment
Les deux tiennent la broderie du karakou, et on les confond souvent à l'achat. La différence est dans le geste, pas seulement dans le fil.
El FetlaL'atelier

La question revient à chaque commande : « c'est quoi la différence, au juste ? » Les deux fils habillent le karakou, les deux brillent, et sur une photo de vitrine ils se ressemblent. Dans la main, ce sont deux ouvrages différents.
La fetla se pose, le majboud se couche
La fetla est un fil plat, souple, que l'on plie et que l'on pose à plat sur le tissu en suivant un tracé. Le point qui la fixe est discret : ce que l'on voit, c'est le fil lui-même, en méandres serrés. C'est une broderie de surface, et c'est ce qui lui donne sa lumière large.
Le majboud est un cordonnet rond, plus rigide, que l'on couche sur le tissu et que l'on maintient par de courts points transversaux. Le relief est franc, la ligne est nette, et le rendu est plus graphique que scintillant.
Ce que ça change à l'achat
Un ouvrage en fetla consomme davantage de longueur pour la même surface : le fil serpente au lieu de suivre une ligne. Comptez large plutôt que juste — un raccord de bobine se voit sur un pan de manche, et deux bobines d'un même bain ne sont jamais exactement du même ton.
Le majboud, lui, se calcule presque au tracé : la longueur de la ligne, plus une marge pour les angles. C'est le fil que l'on peut commander au plus juste.
Le piège du mélange
Beaucoup de karakous montent les deux : le majboud pour les contours et l'architecture du motif, la fetla pour les pleins. Si vous faites ça, achetez les deux en même temps. Les dorés ne sont pas normalisés d'un fournisseur à l'autre, et un doré chaud à côté d'un doré froid se remarque immédiatement une fois la pièce sous la lumière.



